Volkino – Cellule Kino de Clermont-Ferrand

Les cellules Kino sont répandues à travers le monde, mais qui sont-elles vraiment, je suis sûr que vous vous demandez de quoi il s’agit vraiment ! Et bien je vais éclairer vos lanterne sur ce concept fort sympathique !

L’idée est née au Canada, à l’aube du deuxième millénaire, alors que des amis de Montréal se lançait un défi : réaliser un film sur un thème en temps limité. Le concept est lancé et se déclinera à travers le monde, sur tous les continents, et la France n’y fait pas exception ! Bordeaux, Paris, Toulouse, et celui qui nous intéresse un peu plus, parce que je les connais bien, ceux de Clermont-Ferrand !

Chaque cellule Kino a ses propres habitudes, ses propres règles ! Et la cellule de Clermont, née en 2007, Volkino de son petit nom propose aux réalisateur en herbe de réaliser des films pour quatre rendez-vous dans l’année, aux thèmes variés, en proposant un court de moins de 15 minutes. Alors, autant vous dire que la créativité est de mise, et les soirées mêlant projection et concert sont l’occasion de rigolades et autres moments de sociabilisation autour d’une bonne bière -ou jus de pomme- !

Alors, n’oubliez pas la devise : « Faites bien avec rien, faites mieux avec peu, mais faites le tout de suite ! « . Toutes les vidéos présentes dans cet article sont des participations à des sessions de Kino !

Que la Culture soit avec vous – Cedrick

Chéri, fais moi peur… Sélection spéciale pour se faire frissonner ! (Même avec chauffage)

Comme on est le jour d’Haloween et que je n’ai rien de mieux à faire (oui, je sais, cela sonne un peu comme si j’étais no-life, mais vous en doutiez?), je vais vous parler de choses qui font peur et exceptionnellement pas d’un, pas de deux, mais bien de trois films ! Eh oui, bousculons les habitudes !

Les trois films dont je vais vous parler sont trois de mes films d’horreur préférés, et je dois dire que c’est très personnel… Les ayant testé sur mon fiancé et des amis, je dois dire que les avis ont souvent été très, très, TRES partagés. Mais je les adore, alors je ne vais pas me gêner pour vous en parler. AHAH.

L’ordre de présentation est arbitraire, ce n’est pas un classement, franchement, je les place à peu près au même niveau dans mon échelle d’amour pour ces petits bébés.

Commençons donc par Creep. Ce film est sorti en 2004, réalisé par Christopher Smith qui a réalisé uniquement des films d’angoisse / horreur (mais je n’ai pas vu un seul autre de ses films, donc, je ne peux rien ajouter de plus). Le film est une coproduction germano-anglaise, avec un budget relativement réduit (apparemment 35 millions de livres, et oui, c’est peu…).

L’intrigue est relativement simple, résumons la en quelques lignes…

Kate, une charmante blonde, bien alcoolisée, décide de quitter la soirée où elle était pour aller dans une à l’autre bout de Londres où George Clooney serait… Pour cela, ne trouvant pas de taxis, elle décide de prendre le dernier métro. Malheureusement, elle s’endort sur le quai et rate le dit métro. Elle se retrouve oublié dans cette station de métro, enfermée, et seule ? Oh non, car quelqu’un d’autre erre avec elle dans ces couloirs du métro, et dans ses tunnels glauques…

Je suis d’accord avec vous, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, ou vingt roues à un métro (j’admets que cette blague est bancale, je ne sais pas combien de roues a un métro). Ce film est un slasher tout ce qu’il y a de plus banal, si ce n’est…. qu’ils ont trouvé un décor tout ce qu’il y a de plus angoissant ! Déjà, quand en plein jour, avec une foule, on se retrouve arrêté en plein milieu d’un tunnel de métro, on a tendance à pas être trop bien, alors là, dans ce même tunnel, seul et poursuivi par un serial-killer ? Franchement, moi j’adhère. En plus, l’équipe artistique a fait un réel travail de progression au niveau des atmosphères du film, ayant une gradation dans le glauque : d’abord, les couloirs blancs du métro, très clean, très stérilisés, puis les tunnels sombres, abîmés, pour ensuite aller dans les méandres des sous-sols, en passant par les égouts. Vraiment, rien que le travail dans le choix des décors mérite qu’on regarde ce film. Ah et aussi, le noir est pas celui qui meurt en premier, et ça, c’est cool. Par contre, la blonde est complètement conne, faut pas trop bouleverser les clichés quand même ! Donc, regardez le et sachez que j’ai raison et vous…. M*rde, cette punchline est déjà prise… Donc, ben, j’ai raison, okay ?

Second film, May, réalisé par Lucky McKee qui semble lui aussi n’avoir réalisé que des films d’horreur, mais je ne suis pas certain qu’ils soient arrivés en France. Cet fois, le film est américain, et a un budget absolument ridicule : 500 000$. Et oui, c’est presque une petite production indépendante avec un budget pareil. Mais avec peu, ils ont réussi à faire l’un des films les plus malsains et dérangeants qu’il m’ait été donné de voir au cours de ma courte existence.

May est une jeune fille perturbée, rejetée depuis sa plus tendre enfance à cause d’un fort strabisme… Il faudra attendre l’âge adulte pour qu’après une opération ophtalmologique, elle accède à une vie sociale normale… Ou presque. Inapte face aux codes traditionnels, elle n’arrive pas à trouver l’amour. Alors, elle décide de suivre les conseils de sa mère avec assiduité : «  si tu ne peux te faire d’amis, fabrique en un »…

 

Ce film reprend de façon absolument malsaine la logique du mythe de Pygmalion, avec des accents de créature de Frankenstein. Le jeu de l’actrice principale y est pour beaucoup, mais aussi les choix scénaristiques (sans rien vous spoiler, la scène dans l’école d’aveugles est à mon avis sublimement sadique), les accessoires (Soozy, la poupée en tête). Bref, pour moi, c’est une réussite totale : ce n’est pas un film d’horreur qui vous fait trembler avec de banals jump scare, mais un vrai film d’ambiance, qui est dérangeant par la psychologie qu’il développe. Franchement, ce qui est fort, c’est que même le film finit, on peut avoir une sensation de malaise très fort. Et cela avec un budget minable, il faut saluer la performance !

Enfin, dernier nominée de ce palmarès, El Orfanato (L’Orphelinat en version bilingue), film d’horreur espagnol, réalisé par Juan Antonio Bayona, et produit par Guillermo Del Toro. Je n’ai aucune idée de son budget, mais je pense que des trois films que je viens de présenter, c’est vraisemblablement celui qui a le plus gros budget, mais aussi celui qui a rencontré un succès critique et public assez unanime…

Laura a grandi avec d’autres enfants dans un orphelinat, enfants qui étaient comme sa famille. Adulte, elle retourne y vivre avec son mari et son fils, Simon, restaurant l’endroit pour en faire un lieu d’accueil pour enfants handicapés. Au cours de la restauration, Simon commence à parler à sa mère d’amis imaginaires, et se livre avec eux à de drôles de jeux de piste. Lors de l’inauguration, de la maison d’accueil, Laura et Simon se disputent violemment, et ne voulant pas lui donner raison, Laura laisse Simon seul dans la maison. Or, après la fête, Simon a disparu. Commence alors une longue recherche…

 

Je ne dirai pas que l’orphelinat est un film d’horreur au sens propre, c’est plus un film d’angoisse ou un thriller, mais l’intrigue est tellement bien mené qu’on est aspiré par le film, et la tension augmente crescendo au fils des péripéties. Et je crois bien que ce film possède le plot-twist (retournement de situation) de fin, le plus sadique et traumatisant qui puisse exister ! Et en passant, on le sent pas du tout venir (et pourtant, on a des indices visibles au second visionnage). Ce qui en fait un des mes films chouchous, c’est le brillant découpage scénaristique, et les prises de vues qui confèrent une atmosphère lugubre, et que l’on retrouve chez pas mal de réalisateurs d’horreur espagnols sans que je sache vraiment dire à quoi ça tient. MAIS DIANTRE, CE FILM EST BON. Alors, si vous ne l’avez pas déjà vu, foncez. Vite. Tout de suite. Là. T’as aucune excuse pour te défiler, si tu as tout lu jusqu’ici !

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick  

A Marine Story

 

Film réalisé par Ned Farr, il est sorti dans les salles obscures en 2010, mais je ne me souviens guère l’avoir vu dans les cinémas français, ou du moins, ceux grand public. Je dois donc avouer l’avoir carrément raté à ce moment-là (sans doute aussi parce que j’avais pas mal de travail scolaire à l’époque, ce qui n’aide pas à scruter les programmes de cinéma). A Marine Story aborde la question de la discrimination légale qu’a appliqué le gouvernement des Etats-Unis envers les homosexuels pendant des années. Mais revenons au commencement avec un court résumé…

 

Alexandra Evrett est un officié gradé chez les Marines. Pourtant, elle se trouve contrainte de quitter l’armée, et revenir dans sa ville natale, perdue dans une campagne américaine conservatrice. La raison de ce retour : une mise à pied pour cause d’homosexualité. Dans un même temps, le shérif de la ville lui demande de prendre sous son aile, une jeune fille un peu paumée à qui la justice ne laisse plus que deux choix : l’armée ou la prison. Alexandra décide donc de préparer cette jeune fille à l’entrée dans l’armée.

Dans un premier temps, j’ai trouvé que traiter le « Don’t ask, don’t tell » était une très bonne idée. Après tout, n’était-ce pas la discrimination légale la plus révoltante du système américain ? Elle a été abrogé en 2011, et ce n’était pas trop tôt, mais l’égalité n’est pas encore de mise. Néanmoins, ce n’est pas parce que l’on a un très bon sujet que l’on fait un très bon film… C’est là que le bas blesse.

Je ne dirai pas que c’est un mauvais film. Mais ce n’est pas non plus un bon film. C’est un film qui m’a laissé au final assez indifférent. Pourquoi ? Dans un premier temps, la mise en scène du film reste très classique, rien ne surprend au fil des scènes, c’est reposant, et en même temps, très peu prenant. Les actions s’enchaînent logiquement sans que l’on s’attache aux personnages, même si le travail des actrices est indéniables. Ce qui fait défaut à ce film, c’est un soupçon de créativité dans les plans, dans les découpages, dans l’avancement du scénario.

L’autre gros défaut de ce film, c’est son patriotisme, et son manichéisme. Le premier est omniprésent en raison de l’héroïne, mais tout de même, n’est-ce pas un peu trop ? Peut-être que mon rejet tient au fait que je sois français, et non américain, ou peut-être au fait que je sois issu d’une famille qui n’apprécie pas vraiment l’armée. Je ne sais pas. Mais même en mettant de côté mes opinions personnelles, ce manichéisme empêche de vraiment s’attacher aux personnages, sans parler du fabuleux happing ending qui a fini de me faire rire. Ce film est gentillet, bien trop gentillet, c’est là tout le problème.

Il effleure parfois des pistes intéressantes (spoiler : par exemple, en filigrane, le possible viol de l’héroïne par son supérieur), mais elles restent inconsistantes, comme si le réalisateur avait peur de prendre trop parti. C’est là le paradoxe, s’attaquer à un tel sujet, mais ne pas s’impliquer émotionnellement, ne pas dénoncer réellement les faits, et se contenter d’une caricature… N’est-ce pas un peu léger ? C’est sans doute cela qui m’a le plus dérangé quand j’ai fini de visionner ce film, je me suis demandé : qu’est-ce que ce film a pu apporté ? Eh bien, pas grand chose, il sonne creux malgré quelques bonnes idées.

Si le sujet vous intéresse, il reste agréable à regarder, mais je suis certain que dans quelques jours, j’aurai peine à me souvenir des détails de ce film, car clairement, il ne m’aura pas marqué. Dommage.

Si vous voulez en savoir plus sur l’abrogation du « don’t ask, don’t tell« , voici un article du Monde qui fait un bref point sur la question.

Que le Culture soit avec vous ! – Cedrick

My Little Princess

My little princess est un film réalisé par Eva Ionesco, en 2011. Ce film est sa première réalisation, et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par l’ambiance du film, très malsaine, mais aussi très belle esthétiquement parlant. D’ailleurs, je n’ai pas été étonné de voir que la costumière, Catherine Baba, ait été nominée à Cannes pour son travail en 2012. Mais commençons par le début, en parlant de la trame scénaristique de ce film.

Violetta est une jolie petite fille qui vit avec une grand-mère tendre, et très religieuse. Sa mère ne fait irruption que rarement dans son univers étant artiste avant d’être une figure maternelle. Celle-ci propose un jour à sa fille de poser pour ses photographies. La petite fille cherchant à se rapprocher de cette mère insaisissable accepte. De là, Violetta sera forcée de quitter sa vie de fillette pour devenir l’égérie érotisée du tout Paris branché…

Il est tout d’abord assez important de noter que le scénario du film est tiré de la vie de la réalisatrice, qui a elle-même été photographié ainsi par sa mère dans les années 80. Cependant, ce qui rend le film vraiment intéressant est la distance qu’a tout de même réussi à mettre la réalisatrice, il me paraît assez évident qu’elle n’a pas utilisé ce film pour se victimiser et accabler sa mère, alors que parallèlement, elle est en plein procès contre sa mère. Je suis donc assez agréablement surpris par la différenciation entre la réalité et l’œuvre, sans pour autant qu’elles soient complètement déconnectées.

Mais au delà du message premier, qui est d’arrêter la sexualisation des enfants, et une dénonciation de la pédopornographie, c’est aussi un très bon film, pour sa mise en scène et sa direction d’acteur. Je commencerai d’ailleurs par ce second point.

J’ai été particulièrement touché par les performances des trois actrices principales : Isabelle Huppert, pour la mère, Hannah, Anamaria Vartolomei, pour Violetta, la fille, et enfin, Gorgetta Leahu, pour la grand-mère. Chacune possède une profondeur très différente sans que le film ne tombe dans le travers de beaucoup de films français, le psychologisme de bas étage. La grand-mère, immigrée roumaine est dévorée par sa fille, mais en même temps très protectrice envers sa petite fille, cela passant par des subtilités dans ses regards, dans ses gestes d’affection. Il y a ensuite la tension constante entre la mère et la fille, qui oscille entre attraction et répulsion. En cela, les jeux des deux actrices sont parfaits, même si je serai bien incapable de dire à quoi cela tient, sans doute aux jeux de regards, mais aussi à la violence croissante de leurs gestes.

Mais tout cela est bien sûr due à une mise en scène très forte, sublimant la dualité des sentiments des personnages principaux. Il y a des choses très simples, mais qui fonctionnent plutôt bien : l’opposition de lumière entre la chambre où sont prises les photographies, et la luminosité des autres scène, la ressemblance par leur couleur de cheveux caractéristique de la mère et de la fille qui leur permet d’échanger les rôles de mère et d’enfant, et enfin, un jeu très intéressant de miroir, ainsi que de vanités. En effet, si l’on fait attention, lors des scènes de photographie, Violetta se voit souvent elle-même au travers d’un miroir, ce qui lui fait prendre conscience de ce qu’elle fait, de ce qu’elle est, devant l’appareil de sa mère. En plus d’une dimension de ce type, cela permet aussi de rappeler un jeu visuel beaucoup employé dans la photographie, et plus largement dans les arts visuels. Enfin, dès le début, on voit énormément de vanités passer à l’écran, que j’ai identifié comme la symbolisation du morbide de leur relation, mais aussi comme une annonciation du dénouement de leur aventure artistique.

Pour résumé, ce film au delà de l’évocation d’une thématique taboue, et très pesante, est une très bonne réalisation, loin des clichés, et qui ne cherche pas à diaboliser le personnage de la mère, ce qui à mon avis donne bien plus d’impact au film, et ne laisse pas indemne le spectateur. Je vous encourage à le voir, pour faire honneur au courage et à l’intégrité artistique d’Eva Ionesco.

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick