Mac Steel, A Real True Holywood Story

 

Auteur & illustrateur : Jean Louis Marco

Couleurs : Virginie Cachau

Editeur : Le Cycliste

Prix : 10€ initialement, mais on ne le trouve presque qu’en occasion à l’heure actuelle.

 

L’intrigue :

Mac Steel est un acteur, un très grand acteur. Vous ne le connaissez pas ? Eh bien ce livre est fait pour vous car il reconstitue la vie de ce vrai faux acteur à la vie palpitante, drôle et ridicule. Vous l’aurez compris, cet ouvrage est une parodie de tous ces documentaires retraçant la vie des plus grandes stars, alternant images d’archive et interviews de spécialistes.

Mais rien de mieux pour résumer cet ouvrage qu’une citation de Mac Steel lui-même : «Si on me demandait de jouer une éponge, alors je respirerais comme une éponge, je penserais comme une éponge, je deviendrais une éponge ! »

Mon avis :

Mac Steel est de ces ouvrages qu’on a peine à définir clairement, tel un OVNI dans le monde si bien défini de la BD. Pourtant je peux clairement dire ce que j’ai aimé : le ton foncièrement décalé, les dialogues absurdes, l’ambiance parodique très bien sentie de la vie hollywoodienne. En clair, on se paie une bonne tranche de rire. Mais il y a aussi les détails planqués dans les cases, le dessin simple mais terriblement efficace, les cadrages, les références. Cet ouvrage aurait sans doute mérité d’avoir plus de succès, mais la situation plutôt mauvaise de l’éditeur au moment de la publication ne lui a pas offert un grand succès. Pourtant, c’est a real true good hollywood story !

En bonus, un scan de la première page, rien que pour vos petits yeux !

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick

My Little Princess

My little princess est un film réalisé par Eva Ionesco, en 2011. Ce film est sa première réalisation, et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par l’ambiance du film, très malsaine, mais aussi très belle esthétiquement parlant. D’ailleurs, je n’ai pas été étonné de voir que la costumière, Catherine Baba, ait été nominée à Cannes pour son travail en 2012. Mais commençons par le début, en parlant de la trame scénaristique de ce film.

Violetta est une jolie petite fille qui vit avec une grand-mère tendre, et très religieuse. Sa mère ne fait irruption que rarement dans son univers étant artiste avant d’être une figure maternelle. Celle-ci propose un jour à sa fille de poser pour ses photographies. La petite fille cherchant à se rapprocher de cette mère insaisissable accepte. De là, Violetta sera forcée de quitter sa vie de fillette pour devenir l’égérie érotisée du tout Paris branché…

Il est tout d’abord assez important de noter que le scénario du film est tiré de la vie de la réalisatrice, qui a elle-même été photographié ainsi par sa mère dans les années 80. Cependant, ce qui rend le film vraiment intéressant est la distance qu’a tout de même réussi à mettre la réalisatrice, il me paraît assez évident qu’elle n’a pas utilisé ce film pour se victimiser et accabler sa mère, alors que parallèlement, elle est en plein procès contre sa mère. Je suis donc assez agréablement surpris par la différenciation entre la réalité et l’œuvre, sans pour autant qu’elles soient complètement déconnectées.

Mais au delà du message premier, qui est d’arrêter la sexualisation des enfants, et une dénonciation de la pédopornographie, c’est aussi un très bon film, pour sa mise en scène et sa direction d’acteur. Je commencerai d’ailleurs par ce second point.

J’ai été particulièrement touché par les performances des trois actrices principales : Isabelle Huppert, pour la mère, Hannah, Anamaria Vartolomei, pour Violetta, la fille, et enfin, Gorgetta Leahu, pour la grand-mère. Chacune possède une profondeur très différente sans que le film ne tombe dans le travers de beaucoup de films français, le psychologisme de bas étage. La grand-mère, immigrée roumaine est dévorée par sa fille, mais en même temps très protectrice envers sa petite fille, cela passant par des subtilités dans ses regards, dans ses gestes d’affection. Il y a ensuite la tension constante entre la mère et la fille, qui oscille entre attraction et répulsion. En cela, les jeux des deux actrices sont parfaits, même si je serai bien incapable de dire à quoi cela tient, sans doute aux jeux de regards, mais aussi à la violence croissante de leurs gestes.

Mais tout cela est bien sûr due à une mise en scène très forte, sublimant la dualité des sentiments des personnages principaux. Il y a des choses très simples, mais qui fonctionnent plutôt bien : l’opposition de lumière entre la chambre où sont prises les photographies, et la luminosité des autres scène, la ressemblance par leur couleur de cheveux caractéristique de la mère et de la fille qui leur permet d’échanger les rôles de mère et d’enfant, et enfin, un jeu très intéressant de miroir, ainsi que de vanités. En effet, si l’on fait attention, lors des scènes de photographie, Violetta se voit souvent elle-même au travers d’un miroir, ce qui lui fait prendre conscience de ce qu’elle fait, de ce qu’elle est, devant l’appareil de sa mère. En plus d’une dimension de ce type, cela permet aussi de rappeler un jeu visuel beaucoup employé dans la photographie, et plus largement dans les arts visuels. Enfin, dès le début, on voit énormément de vanités passer à l’écran, que j’ai identifié comme la symbolisation du morbide de leur relation, mais aussi comme une annonciation du dénouement de leur aventure artistique.

Pour résumé, ce film au delà de l’évocation d’une thématique taboue, et très pesante, est une très bonne réalisation, loin des clichés, et qui ne cherche pas à diaboliser le personnage de la mère, ce qui à mon avis donne bien plus d’impact au film, et ne laisse pas indemne le spectateur. Je vous encourage à le voir, pour faire honneur au courage et à l’intégrité artistique d’Eva Ionesco.

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick