Voyages

 

Auteur & illustrateur : Collectif

Éditeur : Chocolat ! Jeunesse

Prix : 20€

L’intrigue :

Cet ouvrage n’a pas une, pas deux, mais une multitude d’intrigues étant donné qu’il est un recueil de multiples textes tenant à la fois de la courte nouvelle, du conte, de la comptine ou de la poésie. Mais tous ces fragments ont toujours pour thème le voyage ! Qu’il soit réel ou imaginaire, pour les personnages ou pour le lecteur, il est toujours très présent : un petit tigre qui part à l’aventure, Jules Vernes qui parcourt le monde au fil de ses récoltes, un voyage en boule à neige…

Mon avis :

Servi par de très belles illustrations, cet ouvrage est une véritable invitation au voyage pour les petits et les moins petits ! Les textes très poétiques, à lire à haute voix pour en apprécier la musicalité sont à dévorer, et à relire à foison avec toujours le même émerveillement. Véritable découverte faite lors de ma préparation du festival Des Carnets de Voyage à Clermont-Ferrand, cet ouvrage permet d’ouvrir l’esprit des petits et grands a voyage et à la rêverie, et quoi de mieux en ces temps moroses et pragmatiques…

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick

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Mac Steel, A Real True Holywood Story

 

Auteur & illustrateur : Jean Louis Marco

Couleurs : Virginie Cachau

Editeur : Le Cycliste

Prix : 10€ initialement, mais on ne le trouve presque qu’en occasion à l’heure actuelle.

 

L’intrigue :

Mac Steel est un acteur, un très grand acteur. Vous ne le connaissez pas ? Eh bien ce livre est fait pour vous car il reconstitue la vie de ce vrai faux acteur à la vie palpitante, drôle et ridicule. Vous l’aurez compris, cet ouvrage est une parodie de tous ces documentaires retraçant la vie des plus grandes stars, alternant images d’archive et interviews de spécialistes.

Mais rien de mieux pour résumer cet ouvrage qu’une citation de Mac Steel lui-même : «Si on me demandait de jouer une éponge, alors je respirerais comme une éponge, je penserais comme une éponge, je deviendrais une éponge ! »

Mon avis :

Mac Steel est de ces ouvrages qu’on a peine à définir clairement, tel un OVNI dans le monde si bien défini de la BD. Pourtant je peux clairement dire ce que j’ai aimé : le ton foncièrement décalé, les dialogues absurdes, l’ambiance parodique très bien sentie de la vie hollywoodienne. En clair, on se paie une bonne tranche de rire. Mais il y a aussi les détails planqués dans les cases, le dessin simple mais terriblement efficace, les cadrages, les références. Cet ouvrage aurait sans doute mérité d’avoir plus de succès, mais la situation plutôt mauvaise de l’éditeur au moment de la publication ne lui a pas offert un grand succès. Pourtant, c’est a real true good hollywood story !

En bonus, un scan de la première page, rien que pour vos petits yeux !

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick

Vivants

Vivants

Titre original : Warm Bodies

Auteur : Isaac Marion

Editeur : Bragelonne

Prix : 17€ (en grand format, le poche ne devrait pas tarder, et des versions numériques moins chères sont déjà disponibles).

L’intrigue :

R est un zombie comme les autres ou presque : il a oublié son identité, vit dans un aéroport abandonné avec ses enfants et sa femme tout aussi morts que lui, et part à la chasse aux cerveaux frais avec ses collègues en putréfaction. En somme, une vie banale pour un Mort. Pourtant, tout va basculer, lorsqu’au détour d’un « ravitaillement » (comprendre ici « massacre et giclée de cervelles humaines »), il rencontre Julie, une humaine bien vivante qui va faire chavirer son cœur depuis longtemps arrêté. Mais dans un monde en guerre, où Morts et Vivants s’entre-tuent, leur relation semble vouée à un sinistre destin…

Avis sur l’ouvrage : 

On avait déjà de nombreuses fois vu des zombies manger des cervelles au détour de quelques créations qu’elles soient cinématographiques ou romanesques, mais un zombie amoureux, il me semble que c’est bien la première fois. Et c’est là ce qui fait le charme de cet ouvrage : il innove, il reprend les idées surexploitées pour en faire quelque chose d’original, il surprend même. Dès les premières pages, on est transporté par le narrateur zombie (et oui, qui aurait cru qu’un zombie ferait un très bon narrateur) dans un monde apocalyptique à l’ambiance pesante, mais pourtant teintée par la poésie de ce zombie sensible qu’est R. Si les métaphores poétiques sont représentées, l’humour (noir essentiellement) n’est pas en reste, disséminé tout au long des pages.

L’autre particularité de ce roman est qu’on est loin du récit d’horreur avec effluves d’hémoglobine à chaque page. Et c’est tant mieux (pour les âmes sensibles surtout), les descriptions de tripes et autres cervelles éclatées ne sont que très rares et nécessaires à l’avancement du récit. Mais alors de quoi parle-t-on ? De la recherche de soi, d’espoir, d’amour (sans que cela soit ni ridicule, ni malsain).

Sans doute que les puritains n’aimeront pas l’interprétation qui est ici faite du zombie, rétorquant qu’un zombie amoureux n’est plus un zombie mais une abomination… Pour les autres, qu’ils aiment les histoires d’amour, les récits d’aventures, ou simplement les univers originaux, ce livre sera sans doute un bon moment. Rafraîchissant, original, prenant, Vivants est incontestablement un agréable divertissement, et c’est déjà pas mal !

Pour ce qui est du film, je ferai bientôt un article dessus, patience donc ! Mais sachez que pour ma part je n’ai pas été foncièrement déçu, et même si le rendu est différent de celui du livre, il n’est pas mauvais…. Plus de détails dans un prochain article !

Que la culture soit avec vous ! – Cedrick 

Le faire ou mourir

Le faire ou mourir

nullAuteur : Claire-Lise Marguier

Editeur : Les éditions du Rouergue

Collection : Doado

Prix : 9,50€

L’intrigue :

Damien, Dam la plupart du temps, est un ado assez facile à brimer, ce que n’hésite pas à faire les skateurs du lycée. Seulement, un jour, Samy, l’un des «gothiques » vient prendre sa défense et les met en déroute. Alors entre Dam et la bande de jeunes un peu effrayants tout de noir vêtus naît une amitié nouvelle consistant se voir le soir après les cours, écouter Indochine, discuter, être bien. Dam se rapproche de plus en plus de Samy, chose que le père de Damien ne verra pas d’un très bon œil. Leur séparation ne fera que remettre à jour de façon plus puissante le mal-être Dam. Une bombe prête à exploser…

Avis sur l’ouvrage :

Pour être franc, j’ai été intrigué par cet ouvrage en parcourant le catalogue du Rouergue, un titre qui accroche, qui m’a poursuivi pendant … Deux mois. Après, je n’ai pas résisté et j’ai acheté ça chez un libraire pour en avoir le cœur net.

Et je dois avouer que j’ai été happé dans cette histoire. Cela tient peut-être au style simple, mais intimiste, à ce « je » touchant, qui ne comprend pas trop sa vie, et cherche à s’en sortir par des biais plus ou moins délétère. J’ai lu d’un traite ce court roman. J’ai été étonné par le réalisme et la violence des hypothèses qu’a développé l’auteur. Alors, oui, ce roman est dur, et ne doit pas être mis dans les mains d’un public trop jeune, mais d’un autre côté, il permet peut-être par sa violence de faire prendre conscience de beaucoup de choses, concernant l’acceptation de soi, les recours face au rejet, et la découverte de l’homosexualité, mais aussi plus grave comme les mutilations, ou les violences d’adolescents en crise poussant jusqu’à l’intolérable (beaucoup de détours pour ne pas vous révéler trop de détails ! )…

Bref, j’ai réellement aimé ce livre, son ambiance. Peut-être parce que j’ai été personnellement touché par certains sujets, peut-être parce que moi-même j’écoutais Indochine au lycée en m’habillant en noir, je ne sais pas trop. Mais il y avait quelque chose de véritable qui se dégageait de ce livre. Le seul bémol que je déplore est un léger décrochage sur la « double fin », mais je ne m’étendrai pas pour ne pas dévoiler le dernier rouage de cet ouvrage, qui peut de plus se justifier et s’interpréter de plusieurs façons.

Pour un premier roman, je trouve que Claire-Lise Marguier est une auteure des plus prometteuse.

Et en bonus, une petite interview de l’auteur fait par la librairie Mollat (à Bordeaux) et les éditions Rouergue : http://youtu.be/F3S5ZVEgKp8 .

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick

Je suis une Légende

Je suis une légende

nullAuteur : Richard Matheson

Éditeur : Folio SF pour la version poche.

Prix : 5.95€

Première publication : 1954

 

 

Vous avez aimé la fin typiquement Holywoodienne du film ? Vous avez aimé la droiture du héros ? Eh bien, vous risquez d’être déçu du livre ! Ou alors, vous réaliserez que Je suis une légende de Matheson, c’est bien plus que l’histoire qu’on a bien voulu adapter à l’écran, en bafouant toute les idées véhiculées par l’écrit, et en faisant même fi des descriptions des protagonistes. En somme, le seul point commun entre le livre et le film, c’est le titre ! Au moins, vous ne paierez pas pour avoir deux fois la même histoire! (Il faut bien voir du positif dans le massacre impuni d’une œuvre ! ) Mais avant d’aller plus loin, je vais vous dire « de quoi ça parle » dans la version papier.

 L’intrigue : 

Robert Neville, quarantenaire, alcoolique et dépressif, est seul, ou presque, car pour unique compagnie, il n’a plus que des créatures étranges, proche du fantasme que l’humanité s’est toujours fait du vampire. L’homme ordinaire décide néanmoins de survivre, assassinant chaque jour moult créatures, avec l’espoir de retrouver d’autres humains dans ce monde dévasté.

Avis sur l’ouvrage : 

Mais ce qui fait le charme de ce livre, ce n’est pas simplement une intrigue en avance sur l’époque d’écriture, c’est une réflexion sur la solitude, les fondements de notre société, et jusqu’où celle-ci existe encore. De plus, même si l’écriture reste simple, certains passages sont particulièrement marquant de par le style de l’auteur transcrit très bien les émotions du personnage, mais aussi dans des descriptions fines et captivantes (néanmoins, rassurez vous si les descriptions de Balzac vous répugnent, on en est bien loin ).

En somme, je dirai que ce livre n’est pas juste « une histoire de vampires » parmi tant d’autres, c’est un livre construit qui pousse à s’interroger, à s’émouvoir, à se connaître. Ce livre nous fait chercher des réflexions au plus profond de nous-même et nous interroge sur notre nature, bien plus intensément qu’on ne pourrait le croire !

(Oh, et si vous voulez vous gausser, il existe une édition reprenant sur la couverture du livre l’affiche du film, c’est très drôle quand on sait que l’un n’a rien à voir avec l’autre ! )

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick

La Brigade Chimérique

La Brigade Chimérique

Scénaristes : Serge Lehman et Fabrice Colin.
Dessin : Gess.
Couleurs : Céline Bessoneau.
Éditeur : L’Atalante.
Intégrale publiée en 2012.
Première édition : 6 tomes publiés entre août 2009 et octobre 2010.
Grand prix de l’Imaginaire 2011 & Prix du Jury BD Gest 2010

La Brigade chimérique bénéficie d’une nouvelle jeunesse avec cette intégrale publiée fin 2012 regroupant les 6 tomes de la série, et y ajoutant un dossier conséquent sur l’origine de l’œuvre, des crayonnés, des explications presque page à page des nombreuses références de cette histoire foisonnante.

L’intrigue :

Nous sommes en 1938, dans une Europe proche de celle que nous connaissons, mais aussi tout à fait différente. En effet, les découvertes de Marie Curie ont révolutionné le monde, faisant du radium un élément moteur de la civilisation. La société bénéficie aussi de la présence de surhommes des super-héros, nés de la guerre, de ses rayonnements de radium, gaz, ou autres expériences.
Ces super-héros ont pris le contrôle de l’Europe : protégeant Paris, prenant par la force le contrôle de l’Espagne, ou encore échafaudant des plans pour purifier la race humaine comme le Docteur Mabuse.
Dans cette Europe mise en danger par les déséquilibres politiques, Irène et Frédéric Joliot, héritiers de l’institut du Radium fondé par Marie Curie, tentent de trouver des solutions pour que le despotique Mabuse, qui a déjà une grande puissance, ne puisse prendre le contrôle de l’Europe en déclenchant une Nouvelle Guerre…

Les sources et influences :

L’univers des auteurs nous plonge dans une ambiance « steampunk » ou plutôt devrait-on dire « radiumpunk ». Cet ouvrage s’inscrit dans les années 30, période qui a fasciné le scénariste Serge Lehman avec leurs héros de feuilletons fantastiques, et de science fiction. Ce sont d’ailleurs ces feuilletons oubliés qui ont servi au scénariste à créer les « super-héros européens ». Cette création répondait aussi à un vide : petit, le scénariste ne comprenait pas pourquoi les super-héros étaient tous américains et a voulu comblé cette frustration après avoir découvert que ces héros avaient existé dans la littérature populaire de entre-deux-guerres.
Au delà de cette influence, les auteurs créent un univers reprenant l’ambiance et les codes de cette époque : fausse propagande reprenant tous les codes du genre, naissance du cinéma, présence de feuilletonistes au fil de l’histoire. Cet ouvrage constitue donc un hommage à cette littérature, mais aussi, en un sens, à cette époque, à l’ambiance des années 30.
Cet ouvrage réinterprète aussi des données historiques : première guerre mondiale, nazisme, seconde guerre mondiale, découverte du radium, communisme soviétique. En somme, le fantastique ne fait que s’intégrer avec finesse dans une trame historique bien connue, laissant ainsi quelques repères fixes au lecteur.

Quelques mots sur les auteurs :

Les différents auteurs ont des parcours très prolifiques : Serge Lehman est auteur de nombreux romans fantastiques, et d’autres bande-dessinées (dont Masqué qui a quelques ressemblances avec l’univers de La Brigade Chimérique), Fabrice Colin est quant à lui connu pour ses ouvrages pour la jeunesse et un nombre certain de romans.
Côté dessin, Gess n’est pas moins le dessinateur de la série des Carmen Mac Callum.

Avis sur l’ouvrage :

Étant lecteur de comics, j’avais moi aussi ressenti la même frustration que Serge Lehman : pourquoi diable tous ces super-héros naissent-ils de l’autre côté de l’Atlantique ? Aussi, voir un auteur créer ou plus exactement faire resurgir de l’ombre ces héros européens m’a tout de suite enthousiasmé.
L’histoire, portée par un dessin qui sans être fabuleux, reste complètement lisible m’a captivée très rapidement, et malgré la densité du récit et des références, j’ai pris énormément de plaisir à lire cet ouvrage. Mais je crois que ce qui me rend encore plus sensible à cet ouvrage, ce sont les références à la littérature que l’on peut trouver au fil des pages, véritable hommage à l’écriture.
Alternant humour et intrigue prenante, cet ouvrage est à mettre entre les mains de tous les amateurs de super-héros, de fantastique, ou même simplement des curieux amoureux de littérature en tous genres. De plus, l’édition en intégrale est d’un point de vue formel très belle, et possède un dossier très complet, intéressant pour comprendre toutes les références de l’ouvrage.

Que la Culture soit avec vous ! – Cedrick